L'écran (Type 2) : Dispositif centré sur l'enseignement et orienté contenus, caractérisé par la médiatisation de ressources multimédia

Un exemple issu du terrain : Patrice, enseignant-chercheur depuis plus de 30 ans dans le domaine de la santé publique.  

Ce cours d’anatomie destiné à une cinquantaine d’étudiants de troisième année suivant un cursus en psychomotricité est dispensé depuis cinq ans par Patrice, enseignant-chercheur expérimenté. Le point fort de ce cours est de proposer aux étudiants des séquences vidéo 3D qu’il a lui-même développées, illustrant chacun des chapitres de la matière abordée.

Pour développer ce projet innovant , Patrice a reçu l’appui du service d’accompagnement pédagogique et technologique de son université. Ce projet lui a ouvert de nombreuses opportunités professionnelles et il joue désormais un rôle important dans la diffusion de son idée auprès d’autres universités. Des collaborations interinstitutionnelles sont d’ailleurs envisagées et Patrice y est associé à titre d’expert.

Les vidéos de Patrice sont déposées dans l’environnement numérique de travail destiné aux étudiants. En dehors de ces ressources multimédia, de quelques QCM et du syllabus du cours, Patrice ne propose pas d’activités particulières. Il estime d’ailleurs que ce qui se passe en dehors des séances présentielles n’est pas de son ressort :

« Je n’organise rien […] c’est leur problème ».

La part innovante de l’enseignement dispensé par Patrice est indiscutablement constituée par l’ intégration de la 3D . Selon lui, cet apport constitue « une révolution ». En effet,

« Le rôle du prof n’est plus le même » et « l’image n’a plus le même poids qu’auparavant ».

Patrice estime que la 3D permet de « combler  » trois difficultés « majeures » rencontrées par les étudiants suivant des cours d’anatomie, une science « réputée austère, difficile, sélective » : tout d’abord «  la structuration de l’espace  » ; ensuite «  la création de l’image mentale que l’on complexifie progressivement  » ; enfin, « la création de la rotation mentale  ».

De manière générale, Patrice observe que la 3D soutient la compréhension des étudiants

« Ils comprennent même les chapitres les plus difficiles ».

Cette constatation a d’ailleurs été confirmée par les résultats d’une enquête menée par questionnaire.

Patrice apprécie le fait d’avoir face à lui des étudiants plus motivés , encouragés dans leur apprentissage par « des technologies qui leur sont familières ». Il nuance toutefois leur impact en estimant que leur usage ne favorisera pas automatiquement la mémorisation des connaissances . De plus, Patrice soulève un point faible induit selon lui par son dispositif : celui de faire croire à l’étudiant que la matière est simple à appréhender, encourageant par là même un apprentissage de surface.

« L’étudiant peut [ainsi] avoir l’illusion qu’il a compris et travailler moins à la maison ».

Par ailleurs, Patrice reconnaît qu’avec la mise en place d’un tel dispositif, le rôle de l’enseignant se complexifie et qu’il est difficile de faire autre chose que de commenter les ressources qui constituent la trame du cours. C’est là, selon Patrice, que réside le véritable défi de son dispositif : le rôle de l’enseignant y « reste à réinventer » .